<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:googleplay="http://www.google.com/schemas/play-podcasts/1.0"><channel><title><![CDATA[Funambule ]]></title><description><![CDATA[La crise de la biodiversité à la croisée de l'écologie, l'économie et la philosophie.]]></description><link>https://laurianemouysset.substack.com</link><image><url>https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!BocG!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F96a035da-560f-4379-a1e0-fccc430082b5_3337x3337.jpeg</url><title>Funambule </title><link>https://laurianemouysset.substack.com</link></image><generator>Substack</generator><lastBuildDate>Wed, 24 Jun 2026 23:56:17 GMT</lastBuildDate><atom:link href="https://laurianemouysset.substack.com/feed" rel="self" type="application/rss+xml"/><copyright><![CDATA[Lauriane Mouysset]]></copyright><language><![CDATA[fr]]></language><webMaster><![CDATA[laurianemouysset@substack.com]]></webMaster><itunes:owner><itunes:email><![CDATA[laurianemouysset@substack.com]]></itunes:email><itunes:name><![CDATA[Lauriane Mouysset]]></itunes:name></itunes:owner><itunes:author><![CDATA[Lauriane Mouysset]]></itunes:author><googleplay:owner><![CDATA[laurianemouysset@substack.com]]></googleplay:owner><googleplay:email><![CDATA[laurianemouysset@substack.com]]></googleplay:email><googleplay:author><![CDATA[Lauriane Mouysset]]></googleplay:author><itunes:block><![CDATA[Yes]]></itunes:block><item><title><![CDATA[Netflix]]></title><description><![CDATA[La biodiversit&#233; a-t-elle besoin d&#8217;un Netflix ?]]></description><link>https://laurianemouysset.substack.com/p/netflix</link><guid isPermaLink="false">https://laurianemouysset.substack.com/p/netflix</guid><dc:creator><![CDATA[Lauriane Mouysset]]></dc:creator><pubDate>Fri, 19 Jun 2026 14:31:55 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/5159a573-1d13-4956-865f-0a630917dd5c_1456x1048.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Chaque mois, des millions de personnes regardent des documentaires animaliers sur les plateformes de streaming. Les vid&#233;os de b&#233;b&#233;s loutres ou de r&#233;cifs coralliens color&#233;s accumulent les vues sur les r&#233;seaux sociaux. Cette fascination m&#233;diatique pour la nature n&#8217;a jamais &#233;t&#233; aussi massive. Et pourtant, l&#8217;effondrement de la biodiversit&#233; s&#8217;acc&#233;l&#232;re.</p><p>Comment expliquer ce d&#233;calage entre l&#8217;engouement pour le spectacle de la nature et l&#8217;absence de changement dans nos pratiques ? Peut-&#234;tre parce que cette consommation de contenus naturalistes cr&#233;e un rapport au vivant qui reste celui du spectateur. On admire, on s&#8217;&#233;meut, parfois on partage. Mais l&#8217;&#233;motion reste confin&#233;e dans l&#8217;espace du divertissement. Le spectateur peut &#234;tre boulevers&#233; par la disparition des rhinoc&#233;ros sans jamais se demander si ses choix de consommation y contribuent. Il peut s&#8217;indigner devant la fonte de la banquise sans remettre en question ses d&#233;placements. L&#8217;&#233;motion reste cantonn&#233;e &#224; l&#8217;&#233;cran, comme devant une fiction.</p><p>La multiplication des contenus naturalistes pourrait m&#234;me produire un effet pervers : celui de la saturation &#233;motionnelle. &#192; force de voir d&#233;filer des images de catastrophes &#233;cologiques, on finit par d&#233;velopper une forme d&#8217;accoutumance. L&#8217;alerte devient bruit de fond. Le choc s&#8217;&#233;mousse. Et paradoxalement, plus on nous montre la crise, moins elle nous mobilise.</p><p>Faut-il pour autant renoncer &#224; cette m&#233;diatisation de la biodiversit&#233; ? Certainement pas. Mais peut-&#234;tre devons-nous interroger ce qu&#8217;on attend d&#8217;elle. Si l&#8217;objectif est de transformer les pratiques, le mod&#232;le du divertissement a ses limites. Un documentaire qui nous &#233;merveille nous laisse intact. Il ne nous demande rien, ne nous engage &#224; rien. Il nous offre une parenth&#232;se esth&#233;tique, puis on retourne &#224; nos routines.</p><p>La question devient alors : comment passer du spectacle &#224; l&#8217;engagement ? Quelques pistes &#233;mergent. Un documentaire sur les pollinisateurs pourrait se terminer par une carte des p&#233;pini&#232;res locales plut&#244;t que par un constat alarmiste. Un reportage sur les oc&#233;ans pourrait int&#233;grer un calculateur d&#8217;empreinte carbone alimentaire. Il ne s&#8217;agit pas de transformer chaque film en guide de bonnes pratiques car ce serait leur faire perdre leur force narrative. Mais il leur faut cr&#233;er des points de contact entre ce qu&#8217;on d&#233;couvre et ce qu&#8217;on peut faire.</p><p>N&#233;anmoins au-del&#224; de l&#8217;&#233;motion et des pistes d&#8217;action, ce qui manque surtout dans ces contenus, c&#8217;est le comment. Par quels m&#233;canismes pr&#233;cis nos choix quotidiens s&#8217;inscrivent-ils dans les cha&#238;nes de causalit&#233; qui d&#233;truisent ou pr&#233;servent les &#233;cosyst&#232;mes ? Comment le contenu de notre assiette se connecte-t-il &#224; la disparition des oiseaux ? Comment notre mobilit&#233; participe-t-elle &#224; l&#8217;effondrement des insectes ? Rendre visibles ces cha&#238;nes invisibles est d&#233;terminant pour passer &#224; l&#8217;action. Car ce qui nous sort vraiment de la posture de t&#233;moin impuissant, ce n&#8217;est pas l&#8217;indignation qui s&#8217;&#233;puise vite, c&#8217;est la compr&#233;hension.</p><p>La biodiversit&#233; n&#8217;a peut-&#234;tre pas besoin d&#8217;un Netflix. Mais elle a besoin que cette puissance de diffusion serve &#224; autre chose qu&#8217;&#224; accumuler des vues. Qu&#8217;on ne se contente pas de la regarder dispara&#238;tre en haute d&#233;finition.</p><p style="text-align: right;"><em><sub>Ma chronique de F&#233;vrier 2026 pour Les &#201;chos </sub></em></p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://laurianemouysset.substack.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Pour recevoir de nouveaux posts et soutenir mon travail, envisagez de devenir un abonn&#233; gratuit.</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Obstiné]]></title><description><![CDATA[Ce refus obstin&#233; d&#8217;&#234;tre cueilli n&#8217;est-il pas bien plus que du panache ?]]></description><link>https://laurianemouysset.substack.com/p/obstine</link><guid isPermaLink="false">https://laurianemouysset.substack.com/p/obstine</guid><dc:creator><![CDATA[Lauriane Mouysset]]></dc:creator><pubDate>Sun, 05 Apr 2026 20:19:23 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/febdaddc-e0d1-47e1-ae67-b1cd004172cd_1456x1048.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Il m&#8217;a magn&#233;tis&#233;e.</p><p>A&#233;roport de Lisbonne, assise par terre entre mon petit sac de voyage en toile et un distributeur de KitKat, une heure de retard, et je pense &#224; un coquelicot. &#192; son rouge au milieu du vert, dans la lumi&#232;re de la mi-journ&#233;e, en bas des remparts de Santiago do Cac&#233;m. Tout seul, isol&#233; des autres, nombreux tout autour du ch&#226;teau. Le m&#234;me rouge que sur les chemins autour de mon enfance o&#249; j&#8217;en faisais des bouquets lors des promenades dominicales. Ils ne tenaient jamais. Les p&#233;tales l&#226;chaient avant que l&#8217;on arrive &#224; la maison. Je ne comprenais pas pourquoi une chose aussi belle refusait de vivre.</p><p>Chaque fleur ne vit que deux jours. Deux jours, puis tout tombe. Mais avant de s&#8217;&#233;teindre, elle a produit soixante mille graines qui s&#8217;enfouissent dans le sol et y dorment des d&#233;cennies. Elle ne produit aucun nectar. Rien &#224; offrir en &#233;change de la pollinisation, sinon du pollen, en quantit&#233; exceptionnelle. Les abeilles font le d&#233;tour. Le coquelicot ne s&#8217;accroche pas. Il ne r&#233;siste pas. Il revient.</p><p>L&#8217;&#233;ph&#233;m&#232;re comme strat&#233;gie. Pas la r&#233;sistance. L&#8217;abondance.</p><p>On pense la nature en termes de permanence. Prot&#233;ger, c&#8217;est faire durer. Conserver, c&#8217;est maintenir en l&#8217;&#233;tat. Tout notre vocabulaire est construit sur l&#8217;id&#233;e que ce qui compte doit tenir. Le coquelicot fait exactement l&#8217;inverse. Sa permanence n&#8217;est pas dans la fleur. Elle est dans le sol, dans ce qu&#8217;on ne voit pas.</p><p>Il pousse avec les c&#233;r&#233;ales depuis dix mille ans, compagnon silencieux des moissons. En 14-18, les obus retournaient la terre et r&#233;veillaient ses graines endormies. Il poussait dans les tranch&#233;es, entre les morts. C&#8217;est comme &#231;a qu&#8217;il a fini grav&#233; sur nos monuments, nos pi&#232;ces, nos po&#232;mes.</p><p>Il a surv&#233;cu aux bombes. Pas aux herbicides.</p><p>En trente ans, 80% des plantes messicoles ont disparu de nos champs. On comm&#233;more la fleur. On ne prot&#232;ge pas la plante. Peut-&#234;tre parce que notre imaginaire de la protection est tout entier tourn&#233; vers ce qui se dresse et oppose sa masse au temps qui passe. On sait admirer la r&#233;sistance. On ne sait pas voir la gr&#226;ce de ce qui choisit de tomber pour mieux ensemencer.</p><p>Il y a dans cette strat&#233;gie l&#8217;id&#233;e que la permanence puisse emprunter le chemin de la disparition plut&#244;t que celui de l&#8217;endurance. Que la trace la plus durable ne soit pas celle qu&#8217;on voit mais celle qu&#8217;on a sem&#233;e. Que l&#226;cher prise, parfois, soit la forme la plus obstin&#233;e de la pr&#233;sence.</p><p>Ce refus obstin&#233; d&#8217;&#234;tre cueilli n&#8217;a-t-il pas, au fond, plus encore que du panache ?</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Enceinte]]></title><description><![CDATA[Parce que compte tenu de la complexit&#233; de la crise &#233;cologique, on ne peut pas se priver de la moiti&#233; de l&#8217;humanit&#233; pour r&#233;fl&#233;chir.]]></description><link>https://laurianemouysset.substack.com/p/enceinte</link><guid isPermaLink="false">https://laurianemouysset.substack.com/p/enceinte</guid><dc:creator><![CDATA[Lauriane Mouysset]]></dc:creator><pubDate>Mon, 30 Mar 2026 14:05:20 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/d5d22889-dee2-4f6f-a69e-c9902d878f61_1456x1048.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai mis tout mon coeur dans mon discours de remerciement.</p><p>Hier j&#8217;ai re&#231;u un prix &#224; Santiago do Cac&#233;m, au Portugal.</p><p>Le prix international <em>Terras sem Sombra, </em>cat&#233;gorie Biodiversit&#233;, dans le cadre du festival du m&#234;me nom - un festival international de musique classique, de patrimoine et de biodiversit&#233;, dans l&#8217;Alentejo. Cette immense r&#233;gion du sud du Portugal, loin de Porto et de Lisbonne, magnifique et discr&#232;te, o&#249; la nature et le patrimoine culturel se croisent comme nulle part ailleurs. </p><p>&#171; Chers membres du Festival, je suis honor&#233;e et fi&#232;re de recevoir ce prix. </p><p>Honor&#233;e par cette nomination car le festival fait exactement ce que j&#8217;essaie de faire moi-m&#234;me dans mon travail, &#224; mon &#233;chelle : croiser les regards.  Il en est &#224; sa 22e saison, et son th&#232;me cette ann&#233;e  &#171; Musique et Biosph&#232;re &#187;  dit tout.</p><p>Cela fait 18 ans que je croise des approches et des disciplines sur la crise de la biodiversit&#233;. Et le message que je voudrais faire passer est assez simple finalement : la crise de la biodiversit&#233; est un probl&#232;me complexe. </p><p>Aujourd&#8217;hui, nous avons beaucoup avanc&#233;, discipline par discipline, sur le sujet. Ce qui nous manque, c&#8217;est la vision d&#8217;ensemble. Comprendre comment toutes ces nouvelles connaissances dialoguent, mais aussi comment ces dialogues mettent en lumi&#232;re des angles morts, jamais &#233;tudi&#233;s par les approches disciplinaires. </p><p>La mise en place d&#8217;une telle d&#233;marche interdisciplinaire demande de se former &#224; d&#8217;autres champs et de comprendre que l&#8217;on n&#8217;est jamais enferm&#233; dans les choix que l&#8217;on a faits &#224; 20 ans quand on a commenc&#233; nos &#233;tudes. </p><p>Mais je suis aussi fi&#232;re de recevoir ce prix. Fi&#232;re de recevoir ce prix en tant que femme scientifique. M&#234;me si bien s&#251;r, je n&#8217;ai aucun m&#233;rite particulier &#224; &#234;tre une femme, et &#224; vrai dire pas non plus &#233;norm&#233;ment de m&#233;rite &#224; &#234;tre une femme scientifique. Parce que j&#8217;ai grandi dans une famille dont les deux parents avaient fait des &#233;tudes de maths et de physiques. Ils m&#8217;ont &#233;duqu&#233;e et montr&#233; que les sciences n&#8217;avaient pas de genre. Choisir une orientation scientifique pour mes &#233;tudes et pour ma profession &#233;tait un choix qui pour moi n&#8217;avait aucun lien avec mon genre. Je n&#8217;ai compris cette chance que plus tard.</p><p>Et plus concr&#232;tement quand je suis devenue m&#232;re. J&#8217;ai eu un gar&#231;on. Et puis j&#8217;ai eu une fille. Ils sont &#233;duqu&#233;s de la m&#234;me mani&#232;re. Et pourtant, j&#8217;ai vu les st&#233;r&#233;otypes de genre vis-&#224;-vis des sciences se mettre en place chez ma fille &#224; une vitesse stup&#233;fiante. D&#232;s la maternelle. </p><p>C&#8217;est &#224; ce moment-l&#224; que j&#8217;ai d&#233;cid&#233; de m&#8217;engager pour montrer &#224; un maximum de petites filles qu&#8217;elles ont les m&#234;mes capacit&#233;s et la m&#234;me l&#233;gitimit&#233; que leurs petits camarades &#224; d&#233;velopper leur go&#251;t pour les sciences. Je suis devenue ambassadrice de l&#8217;association Femmes &amp; Sciences et je m&#8217;engage b&#233;n&#233;volement dans des interventions dans les &#233;coles pour montrer qu&#8217;il existe des femmes qui font des sciences et pour parler de tout &#231;a avec les enseignants qui le d&#233;sirent.</p><p>J&#8217;interviens en maternelle, parce que c&#8217;est l&#224; que tout se joue. Mais j&#8217;aime aussi intervenir au lyc&#233;e, parce que c&#8217;est l&#224; que l&#8217;orientation se d&#233;cide.</p><p>Et je vous parle de &#231;a car j&#8217;ai fait une intervention qui m&#8217;a marqu&#233;e en janvier dernier. J&#8217;&#233;tais face &#224; une classe de seconde et les questions &#233;taient celles qu&#8217;on me pose toujours : qu&#8217;est-ce que c&#8217;est qu&#8217;un doctorat, combien on gagne, comment &#231;a se passe. Et puis une jeune fille m&#8217;a demand&#233; si j&#8217;avais eu le droit d&#8217;&#234;tre enceinte.</p><p><em>Le droit d&#8217;&#234;tre enceinte.</em></p><p>Sur le moment, j&#8217;ai expliqu&#233;. Bien s&#251;r qu&#8217;on a le droit, les cong&#233;s maternit&#233;, etc. Mais cette question a tourn&#233; dans ma t&#234;te toute la nuit. Parce que m&#234;me si elle avait &#233;t&#233; pos&#233;e de mani&#232;re na&#239;ve (&#233;videmment la grossesse est un droit individuel en France), elle  r&#233;v&#233;lait quelque chose de fondamental qui est beaucoup moins &#233;vident : l&#8217;inqui&#233;tude d&#8217;une adolescente &#224; &#234;tre prise en compte dans sa sp&#233;cificit&#233; de femme dans une carri&#232;re scientifique. L&#8217;inqui&#233;tude que son parcours de maternit&#233; - si elle en a un - soit un obstacle plut&#244;t qu&#8217;une partie de sa vie.</p><p>Comme je l&#8217;ai dit, j&#8217;ai deux enfants. Cette information est prise en compte dans les &#233;valuations professionnelles par le CNRS. Mais ce qui n&#8217;est pas compt&#233;, c&#8217;est tout le reste est pass&#233; sous silence. Les grossesses &#224; risque, les difficult&#233;s &#224; concevoir, les parcours en PMA, les fausses couches, le deuil p&#233;rinatal. Tout &#231;a est invisible. Une femme qui a un trou de publications pendant cinq ans sera vue comme quelqu&#8217;un qui n&#8217;est pas efficace. Alors que la r&#233;alit&#233;, c&#8217;est peut-&#234;tre qu&#8217;elle traverse un parcours de maternit&#233; extr&#234;mement lourd.</p><p>Et ma r&#233;alit&#233; &#224; moi, c&#8217;est que j&#8217;ai v&#233;cu l&#8217;ensemble de ces sujets. Tous. </p><p>La question de cette jeune fille m&#8217;a invit&#233; &#224; m&#8217;engager vis-&#224;-vis de cette lyc&#233;enne, de toutes les adolescentes, des petites filles de maternelle qui n&#8217;ont pas encore conscience de tout &#231;a : d&#233;sormais je veux me battre pour que les parcours de maternit&#233; soient pris en compte dans l&#8217;&#233;valuation des carri&#232;res scientifiques. Assumer mon parcours, cesser d&#8217;en avoir honte, montrer ce qu&#8217;est la v&#233;ritable maternit&#233; et d&#233;noncer la (non-)prise en compte actuelle cr&#233;e des injustes profondes entres les femmes et les hommes dans leur vie professionnelle.</p><p><em>Pour que des jeunes filles s&#8217;engagent dans les sciences, il ne suffit pas de leur expliquer &#224; quatre ans qu&#8217;elles ont les m&#234;mes capacit&#233;s cognitives que les gar&#231;ons. Il faut aussi les rassurer &#224; seize ans sur le fait qu&#8217;on prendra correctement en compte leur parcours de maternit&#233; entre vingt-cinq et quarante ans.</em></p><p>Je fais tout &#231;a pour que des jeunes filles puissent suivre leurs r&#234;ves. Qu&#8217;elles osent faire de la science si c&#8217;est leur r&#234;ve. </p><p>Mais je le fais aussi pour la biodiversit&#233;. Parce que compte tenu de la complexit&#233; inh&#233;rente &#224; la crise &#233;cologique, on ne peut pas se passer de la moiti&#233; de l&#8217;humanit&#233; pour y r&#233;fl&#233;chir. Que des hommes et des femmes pensent ensemble est une condition sine qua non pour esp&#233;rer sortir de cette crise. </p><p>Merci au festival <em>Terras sem Sombra</em>, &#224; Jos&#233;, &#224; Sara et &#224; Jo&#227;o, et &#224; toutes les personnes qui font vivre ce lieu o&#249; nature, patrimoine et musique se rencontrent depuis vingt-deux ans. Merci de me donner l&#8217;opportunit&#233; de porter ces deux enjeux qui sont essentiels pour les ann&#233;es &#224; venir. &#187;</p>]]></content:encoded></item></channel></rss>